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Publié par collectif-litterature

Magdebourg en Allemagne de l’Est, est une ville de taille moyenne ou Hanna a passé l’essentiel de son existence. C’est une femme simple, que l’on suit à partir de son enfance et tout au long de sa vie. L’autrice la rend vivante, comme si elle nous confiait la biographie d’une personne réelle. Son destin devient extraordinaire sous nos yeux car jamais Hanna ne baisse les bras, ou alors pas longtemps. Elle représente toutes ces mères, épouses, fiancées, jeunes adolescentes qu’on ne voyait pas, qui ne se mettaient pas en avant mais qui ont existé. Ce livre donne la parole à toutes ces invisibles.

Ce récit commence vers 1932, Hanna est alors une jeune femme, installée comme fleuriste. Par quelques retours en arrière, on apprend comment elle en est arrivée de là. Elle a épousé Karl Krause, agent d'assurances, mais il n’est pas très fiable. Elle ne peut pas vraiment compter sur son aide. Elle est souvent enceinte et cela la fatigue. Pour avoir des revenus, ses ventes au magasin ne sont pas toujours suffisantes. Elle a des idées dont une qui est excellente. Le soir, elle fabrique des petits bouquets et elle va à la sortie des cafés où les maris qui ont traîné en ville ont quelque chose à se faire pardonner avant de rentrer dans leur foyer. Quelques fleurs et hop, il espère l’indulgence de leur compagne. Et grâce à cette initiative, Hanna engrange quelques sous.

Mais la montée du nazisme, l’arrivée de la guerre, les bombardements, ne permettent pas de maintenir le commerce à flots. Et il faut nourrir les enfants… Hanna, en mère courage, prend d’autres emplois et continue de lutter pour les siens. Elle essuie des revers, elle est confrontée à plusieurs situations délicates. Elle reste droite, dégageant une forme de sérénité face à l’adversité. Non pas qu’elle s’imagine plus forte que les autres mais tout simplement parce qu’elle veut s’en sortir et qu’elle a assez souffert. Elle ne fait pas preuve d’un optimisme béat mais elle avance, déterminée et droite. Elle est courageuse, elle scintille et pétille malgré la noirceur autour d’elle. Elle reste « libre dans sa tête », ne se soumettant pas vraiment.

Chaque chapitre porte le nom d’une fleur ou d’un insecte dont on peut lire la description dans les premières lignes. Un tableau les relie mais je n’en dirai pas plus. Cet apport a un aspect poétique qui m’a beaucoup plu et qui est charmant. Rien n’a été choisi sans raison et c’est vraiment judicieux.

Ce récit est un portrait de femme intéressant. Le contexte historique sur la vie en RDA, le travail des ouvriers, tout est très documenté. C’est bien dosé, pas trop lourd à lire. Pendant les combats, lorsque les bombes tombent, on entend le bruit, on sent la poussière nous monter aux narines, on imagine sans peine ceux qui cherchent des survivants, c’est très immersif.

L’écriture d’Annett Gröschner (merci à la traductrice) est fluide, plaisante. On lit ce texte, chaque scène et chaque échange prennent vie sous nos yeux. J’ai envie de visiter Magdebourg, qui est presque un personnage à part entière. Je voudrais marcher dans les pas d’Hanna tant je me suis attachée à elle. J’ai été conquise par la place donnée aux fleurs, créant une atmosphère originale.

Un livre particulièrement réussi !

 

Traduit de l'allemand par Elisabeth Landes
Éditions : Liana Levi (17 Septembre 2026)
ISBN : 9791034913077
272 pages

Quatrième de couverture

Elle a tout connu, Hanna : la montée du nazisme, la guerre, les bombardements dévastateurs de 1944, l’occupation russe, la faim… Pour survivre et nourrir sa famille, elle a tout fait : vendeuse de fleurs, femme de ménage à l’usine, saisonnière, colporteuse, cantinière et grutière dans la sidérurgie. Tout ça sans se départir de son humanité, ni d’un goût certain pour la beauté, deux qualités qu’elle essaiera de transmettre à ses quatre filles. 

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