Là où naissent les ouragans de Gilles La Carbona
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Octobre 1950, la guerre est terminée. Armand, militaire, est avec sa femme et son fils. Elle aime ce qui est beau, être vue et remarquée. Elle a été élevée dans une famille où peu de choses lui ont été refusées. Elle est assez sûre d’elle et de ce qu’elle veut dans la vie. Elle a même tendance à décider pour les autres. L’armée, pour son époux, c’est terminé. Il aura un poste important dans les usines de son père. Il sera tout le temps près d’elle et ce sera parfait.
Lui, il a connu la vie en garnison, l’adrénaline des combats entre hommes, les liens entre frères d’armes. Il a bien compris qu’il n’a pas vraiment le choix, que sa route est déjà tracée. Il se résigne, tout en rêvant d’autre chose au fond de lui, mais difficile de dialoguer ….
Une discussion avec un cousin lui fait entrevoir une possibilité. En Indochine, la situation est tendue et la France a besoin de personnes comme lui. Il est tiraillé entre le sentiment de « devoir » qu’il ressent pour son foyer, les siens vont se sentir délaissés, abandonnés…. Et son souhait d’agir, d’être utile, en harmonie avec ce qu’il veut réellement.
Il propose sa candidature. Et il est accepté, il partira là-bas, si loin, épouse et enfant resteront en France. Il sent que son couple, déjà fragile, va subir une nouvelle épreuve. Mais il n’hésite plus, il part malgré la colère, les reproches, l’incompréhension…
En Indochine, rien n’est pareil. L’atmosphère, les odeurs, les saveurs, les relations humaines, la vie tout simplement est totalement différente. Armand découvre cet univers surprenant, puis petit à petit, il se sent « en phase », comme à sa place car, hébergé chez l’habitant, il apprécie le lieu et ceux qui y sont.
Le récit mêle l’histoire des personnages avec celle du pays. On découvre des faits réels, habilement introduits dans les événements vécus par le militaire. L’auteur a dû se documenter avec précision pour que tout s’emboîte et tienne la route.
Loin de celle dont il partage la vie depuis plusieurs années, Armand fait le point. Il revoit ses priorités, ses décisions, il réfléchit à ses ressentis, à ce qu’il veut et à ce qu’il ne veut plus. Mais parfois, même si on pense savoir où on veut aller, des aléas modifient la trajectoire et tout ne se déroule pas comme on l’imagine …
Avec doigté, Gilles La Carbona analyse les émotions de chacun. Il note ce qu’ils peuvent penser, comme ils évoluent face à ce qu’ils vivent. On voit ce qui les anime, les motive, c’est intéressant. Le fils grandit et là aussi la question se pose : faire ce qu’attendent ses parents ou se réaliser par et pour lui-même ? Où se situe l’équilibre ?
L’écriture est de qualité, avec un vocabulaire soigné. J’ai apprécié la mentalité des femmes en Indochine. On pourrait les penser fatalistes mais c’est plutôt qu’elles acceptent leur destin, comme il est, pour ce qu’il est, avec une grande sagesse.
Cette lecture a été agréable. J’ai un tout petit regret, j’aurais préféré qu’il y ait des chapitres pour plus découper le texte mais ce n’est qu’un détail qui n’a pas entaché le plaisir de lire.
Éditions : 5 sens (15 Mai 2026)
ISBN : 978-2889499236
236 pages
Quatrième de couverture
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Armand rêve d’horizons plus vastes que ceux que lui promettent les usines familiales de son beau-père. Entre une épouse issue d’une grande lignée industrielle et un avenir tout tracé, il étouffe. L’Indochine, elle, l’appelle. Là-bas, au coeur des rizières et de la jungle, il découvre une liberté nouvelle, un monde qui bouleverse ses certitudes…