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Publié par collectif-litterature

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Une chronique de Cassiopée

 

Une écriture singulière (sans dialogue direct) et un huis-clos pour le moins troublant.

Un retour sur la vie d’un père, qui entraîne dans son périple son jeune fils (quand on connaît l’histoire personnelle de l’auteur, on se dit que ce livre lui a permis d’exprimer beaucoup de ressentis).

 

On ne s’improvise pas Robinson, le paterfamilias l’a oublié et la nuit, tous les démons remontent à la surface. De plus, avec l’obscurité, tous les sens sont exacerbés.

« Roy commençait à comprendre comment son père fonctionnait, comment il sombrait dans ses pensées sans qu’on puisse l’atteindre, et comment tout ce temps passé seul en lui-même n’était pas bon et le poussait à s’enfoncer plus profondément encore. »

 

Le père organise leur vie, aidé de son fils. Ils se découvrent, s’apprivoisent mais mal. On ne crée pas du sens ni des liens parce qu’on le décide, ce n’est pas si simple. Chacun chemine mais pas sur la même voie.

Se fermer au monde extérieur fait ressortir les personnalités, les tempéraments. Le père est-il prêt, solide, capable de vivre cette expérience unique qu’il a choisie mais pratiquement « imposée » à son fils ?

 « ….si Roy, lui aussi, ne faisait pas partie d’un immense désespoir qui collait à son père partout où il allait. »

Quel est le but de cette initiation ? Les raisons sont assez clairement définies au début du livre mais ne sont-elles pas un leurre ?

 

Le malaise grandit au fil des pages, le style est « serré », pas aéré car il n’y a pas de chapitres, seulement deux parties (les deux faces du miroir ?) On sait qu’on ne peut pas intervenir, que seuls les protagonistes peuvent agir mais on voudrait dire « stop »…

« Et même après avoir vu tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai détruit, je ne suis pas sûr que j’agirais différemment si j’en avais l’occasion. »

 

C’est une lecture qu’on n’oublie pas, qui « marque » et dont on espère que l’écriture a apporté du bonheur à son auteur…

 

Sukkwan Island
David Vann- (traduction de Laura Derajinski)

Editions Folio

240 pages; 6,80 €

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