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Publié par collectif-litterature

corail.jpgUne chronique de Cassiopée.

 

« L’Islandaise a grandi sur la portion d’écorce terrestre, si neuve que par un tour de passe-passe on y retrouve les racines de notre univers […..]. L’italienne, elle, a vécu jusqu’alors en un lieu où le passé escamote le présent, où le futur n’est que ruines annoncées, les somptueux vestiges de la ville […]

Par un de ces concours de circonstances que certains appellent le destin, Vigdis et Livia vont échanger leur logement respectif. Ce qui, au départ, devait se révéler comme un déplacement touristique va devenir un voyage initiatique. Les caprices de la météo dont tout un chacun dépend sans pouvoir les maitriser, vont entraîner ces deux femmes au-delà de leur vie habituelle, visitant non seulement un lieu, mais aussi des personnes et toute une vie, allant à la rencontre des autres mais surtout d’elles-mêmes. Elles ne ressortiront pas indemnes de la situation et se trouveront confrontées à des choix qu’elles n’avaient même pas imaginés.

Porté par une écriture délicate, magnifiquement ciselée, au vocabulaire choisi mais jamais ostentatoire, introduit avec délicatesse dans les titres (« sérendipité ») ou les phrases composant les chapitres, ce roman est comme une parenthèse qui se savoure, se mérite, s’offre à vous.

On avance pas à pas avec nos deux touristes, on découvre les « fragments » de Tancredi Autenzio, lié à l’une d’elle. Ces chapitres, insérés de façon régulière dans le reste du récit, apportent ce qu’il faut de digression pour qu’on ne trouve pas le contenu trop linéaire et qu’une petite aura de mystère accompagne le destin de ces deux personnes.

La communication a une grande part dans ce roman, entre les deux protagonistes mais également avec les individus qu’elles côtoient. L’analyse fine et subtile des relations humaines dans toute leur complexité est très bien retranscrite par l’auteur. Que ce soient internet, les post it collés ça et là dans l’appartement romain, la liseuse etc …. ou même les silences, les non-dits, tout est matière à évoquer, avec pudeur, l’infinité des ramifications de la pensée et des sentiments des hommes et des femmes …..

Une très belle lecture où une phrase a été écrite pour moi ;-)

« Tout savoir à l’avance, dans le moindre détail, c’est son idéal. Au point de commencer les romans par la dernière page, le dernier chapitre, et de se renseigner sur les aléas et la fin des films qu’elle va voir. »

 

Titre: Le Corail de Darwin

Auteur: Brigitte Allègre

Éditions: Actes Sud Littérature (Mai 2012)

Collection: Un endroit où aller

Nombre de pages: 400

ISBN: 978-2-330-00673-0

 

Quatrième de couverture

Tomber pile sur ce qu’on n’imagine même pas chercher, l’objet d’un désir qu’on ignore éprouver. (…) Les deux femmes, Livia et Vigdis, ont saisi une balle au bond, une balle surgie de nulle part en particulier (et hop). De lien en lien elles ont fini par inscrire une série de mots clés dans un moteur de recherche. Hébergement. Séjour. Etranger. Et elles se trouvent.

 

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