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Publié par collectif-litterature

gwen moullec  

Après avoir chroniqué le roman de Gwenaëlle Moullec-Le Therisien       Reviens avec le vent, Cassiopée  s'est entretenue avec l’auteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cassiopée.  Si vous deviez donner une couleur et un lieu pour vous définir, que choisiriez vous?

 

Gwenaëlle Moullec-Le Therisien. J'aime le taupe et le rose, je trouve qu'ils se marient bien. J'aime les choses harmonieuses,  la déco, les teintes naturelles des maisons de l'Ouest. Je me sens bien près de la mer, que ce soit à boire un verre en regardant la plage, à me balader en famille sur la grève ou à lézarder avec un bon bouquin sur ma serviette...

Je suis sociable, mes amis et ma famille me font beaucoup de bien, mais j'ai aussi beaucoup besoin de solitude. La mer permet tout cela, et je ne me vois pas vivre loin d'elle. J'ai vécu à Cherbourg, Brest, Perros-Guirec, Montpellier, Lorient, Nantes, mais toujours avec heureusement la mer pas trop loin. Il n'y a que cette année où nous avons vécus en Auvergne, et le manque de l'océan a été dur à vivre, heureusement que les espaces grandioses des montagnes ont pu un peu me consoler...

 

C.  De journaliste, vous êtes passée à écrivain, comment s'est faite la transition? Quels sont les éléments qui vous ont poussé à vous consacrer totalement à l'écriture?

 

G. M-L. J'ai commencé par travailler au Midi Libre à ma sortie de l'école de journalisme, à faire différentes piges pour des magazines, cela me plaisait beaucoup. Mon mari est un sportif pro, et de ce fait nous déménageons souvent. J'ai du faire des compromis et mettre un peu entre parenthèses ma carrière, encore plus quand j'ai eu mes deux enfants très jeunes, qui ont désormais sept et quatre ans.

Du coup, je me suis lancée dans l'écriture toute seule, parce que j'avais ce besoin d'écrire, comme un besoin. J'avais cette idée d'adoption, je l'ai écrit en plusieurs périodes ce premier livre, j'ai douté d'arriver au bout, puis de le faire éditer. Finalement ça a marché, j'ai commencé à faire des salons du livre pour me faire connaître. C'était un défi pour moi que de m'exposer ainsi, de parler de ce que j'avais écrit. J'ai reçu pour ce premier livre un bon accueil et le Prix du Léon 2009, qui est un prix remis par toutes les bibliothèques du département du Finistère.

Du coup, regonflée à bloc, je me suis lancée dans un nouveau scénario que je voulais plus complexe. J'ai essayé d'y ajouter du suspense, et passé beaucoup plus de temps en amont pour préparer les personnages, le contexte. J'avais envie de parler de New-York, et bien sûr de la Bretagne. Je me suis rendu compte qu'inconsciemment je divisais toujours mes livres en deux parties avec un voyage, toujours dans l'idée de faire "grandir" mon héroïne, de la faire passer par différentes épreuves.

Je me suis replongée à fond dans mes classiques, moi qui avait fait un bac économique, et cette connaissance des fondamentaux Français comme Anglais m'ont permis d'élargir ma palette d'émotions, de phrasés.

Depuis trois ans j'anime une émission littéraire sur Alternantes Fm, où je donne des avis sur mes lectures, et j'ai aussi un blog où on peut suivre mon actu et où je parle des romans qui m'ont plu. L'analyse de ces romans m'aide à réfléchir sur ma propre écriture, et de toute façon, je peux parler de livres pendant des heures on ne m'arrête plus!

 

Nous sommes actuellement en période de rénovation d'une bâtisse près de Nantes, un lieu un peu magique où je me sens bien. Nous allons y ouvrir des chambres d'hôtes et j'espère y concilier mon envie d'écrire avec cette nouvelle activité.

 

 C.  Avez-vous des rituels dans l'acte d'écrire?

 

G. M-L. Depuis l'écriture de "Reviens avec le vent", j'ai beaucoup plus cadré mon travail. Pour "Maé", j'écrivais quand j'en avais envie, quand ça avait besoin de sortir, sans me presser.

Puis j'ai lu des livres sur la manière d'écrire, par exemple celui d'Elizabeth George ou de Virginia Woolf.  Lorraine Fouchet a eu la gentillesse de me lire et de me donner des conseils, c'est un écrivain que j'apprécie beaucoup.

J'écris beaucoup mieux le matin, dès que je me lève, je bois une tasse de thé, et je peux me plonger dans l'écriture. Je lis aussi beaucoup en période d'écriture, je me sens plus inspirée quand je suis encore dans l'ambiance d'un écrivain que j'admire, comme un violoniste qui écouterait du Bach avant de répéter, on s'imprègne du génie de ceux qui nous ont précédés.

 

C.  Si vous aviez le choix pour rencontrer un écrivain contemporain, avec qui aimeriez vous passer une journée?

 

G. M-L. Le problème, c'est que la plupart de ceux que j'admire sont morts !! Ahaha ! Je lis énormément de littérature anglo-saxonne, surtout du XIXe et première partie du XXe. Mes écrivains préférés sont – entre autres – Jane Austen, Henry James, Hemingway, Fitzgerald, Edith Wharton, Marguerite Duras. Un jour, j'aimerais écrire sur cette période de l'histoire, peut- être bientôt, je commence à y réfléchir.

Dans les écrivains contemporains, j'aime beaucoup Douglas Kennedy, il est journaliste à la base lui aussi, et oui, j'adorerais avoir une longue conversation avec lui sur l'art de construire ses personnages et son intrigue.

 

 C.  Comment se construisent vos livres? Avez vous déjà toute la trame avant d'écrire la première phrase?

 

G. M-L. Dans mon bureau, j'affiche la biographie de chacun de mes personnages, plein de photos des lieux qu'ils habitent tels que je me les imagine. J'ai une trame et un scénario, mais ils bougent beaucoup finalement au cours de l'élaboration du livre. Certains écrivains savent exactement comment vont se dérouler les dialogues de chaque scène, comme un vrai scénario de film. Je me laisse plus de liberté, une trame trop rigide me briderait, je pense que ça dépend du caractère de chacun. Chaque écrivain doit construire sa propre méthode, mais lire celle des autres m'a aidé à élaborer la mienne. Mais je sais "en gros" ce qui va arriver à chacun de mes personnages, où je veux en venir, et le reste s'éclaire souvent au fur et à mesure. Je réécris très peu de scènes en entier, plutot des phrases. Je serais incapable comme Amélie Nothomb ou Bernard Werber d'écrire le même livre trois fois pour l'améliorer. J'ai besoin de rêver en même temps, de me laisser moi-même emporter par l'intrigue comme si on me l'a racontait.

 

 C. Avez vous un autre roman en chantier? Voulez vous nous en dire quelques mots?

 

G. M-L. Oui, il est fini depuis quelques semaines, j'y travaille encore jusqu'à la fin de l'été. Je le pense encore plus travaillé que "Reviens", il est plus littéraire, il y a plus de références à mes goûts en matière littéraire justement. C'est l'histoire d'une jeune femme qui est un peu perdue dans son couple, et qui se cherche. Elle va tout quitter pour se trouver elle-même, un peu comme un voyage initiatique. De Nantes, où se passe le roman, je l'envoie à Boston, berceau littéraire et culturel de la Côte Est. L'oeuvre de Kennedy m'a influencée sur ce point, la recherche du bonheur, du plaisir, être capable de tout quitter pour le trouver, comme dans les romans de Pascal Quignard également, que je trouve géniaux, surtout "Villa Amalia" et "Les solidarités mystérieuses".

Chaque roman me fait grandir, et ça ne fait que commencer, je sais que j'ai encore beaucoup à exprimer, à chercher, à apprendre. Je me construis aussi à travers l'écriture, mes romans sont un écho de ma recherche personnelle du sens de la vie. Et c'est un magnifique cadeau que de pouvoir le faire partager à d'autres.

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