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Publié par collectif-litterature

Jusqu’où iront les hommes ? C’est la question, légitime, qui m’est venue à l’esprit en fermant ce roman. En effet, ce dernier nous présente des dérives scientifiques mises en place sous prétexte d’études…. On se dit que dans le futur, de telles choses pourraient se produire. Bien sûr, le progrès c’est magnifique, mais il faut savoir le gérer et certains, malheureusement, ne savent pas s’arrêter. Dans ce récit, l’auteur montre le danger des émissions de téléréalité, de la connexion à outrance, de l’envie de satisfaire des voyeurs. Elle montre le pouvoir des gens qui manipulent les autres, les influencent.

Cette dystopie est très intéressante, elle met en avant de nombreuses problématiques et pose des questions qui dérangent. De plus, elle est très bien construite avec des dates en début de chapitres qui nous donnent les bons repères. Le parallèle entre les deux « sociétés » est captivant. D’un côté l’espèce Neandertal qui a été recréée pour être observée mais pas que… Les « Néans » sont en vase clos, vont-ils évoluer comme leurs ancêtres ou différemment, et comment feront-ils face à des obstacles apportés de toutes pièces ? De l’autre côté, les « Sapiens », ceux qui ont « inventé » cet autre monde ou ceux scotchés derrière leurs écrans prêts à voter, à choisir, à intervenir devant ce « spectacle » qui les captive. Eux, ils sont hyper connectés, tellement « branchés » qu’ils ne choisissent plus leur vie alors qu’ils s’en imaginent maîtres. Ont-ils vraiment les rênes en main ?  Ou ne sont-ils que des éléments dont on tire les ficelles pour les inciter à agir ?

Ce récit est captivant, bluffant. Écrit d’une plume fluide et alerte, il nous embarque dans son univers dès les premières pages. Je n’aurais pas imaginé en lisant la quatrième de couverture, être à ce point « dans l’histoire ». J’ai vraiment pris fait et cause pour certains personnages, j’en aurais giflé d’autres tant je hais le double jeu, l’injustice, les hypocrites, les fabulateurs. Je sentais la colère m’habiter.

Noëlle Michel a énormément de talent, elle a réussi à mettre du rythme dans son texte, du suspense, et surtout elle nous pousse dans nos retranchements et nous envoie en pleine face, quelques interrogations qui interpellent. Où est la limite du jeu ? Qu’est-ce que je fais pour ceux que je rencontre, pour la nature ? Est-ce que j’ose dire stop ou non lorsque je vois des dérives ou est-ce que je me cache (ou tourne la tête) comme si je n’avais pas compris ? C’est parfois plus facile de « se laisser porter », de ne rien dire …

Par la façon dont elle amène les différents personnages et lieux, l’auteur, avec beaucoup de finesse et de doigté, « campe » deux groupes dont on pourrait dire que tout les oppose. Et pourtant, l’homme quelle que soit l’époque où il vit, ressent des émotions (même s’il ne les exprime pas de manière semblable). Il peut aimer, détester, avoir peur, être heureux et se réjouir d’un rayon de soleil qui le réchauffe.

J’ai apprécié ce qui s’est construit au fil des pages de ce recueil. Je me suis attachée à Lune Rousse, à Pierre Debout etc. Par-dessus tout, j’aime l’idée de l’amour qui peut bouleverser le cours d’une vie et peut-être changer le destin ….

 

Éditions : Le bruit du monde (5 Janvier 2022)
ISBN : 9782493206367
322 pages

Quatrième de couverture

C’est un clan d’humains. Ils chassent et cueillent, ils naissent et meurent, ils habitent des tentes de peau, ils peignent sur la paroi des grottes, ils perpétuent les légendes de leurs déesses et dansent autour du feu les soirs de fête. Leur univers est une forêt nourricière et, hormis les grands froids ou la maladie, ils n’ont à redouter que la Bête, qui rôde aux abords d’infranchissables Confins. Ils ignorent qu’un tout autre monde existe au-delà. Cet autre monde, c’est le nôtre ou presque, couvert de villes grises de pollution et peuplé de Sapiens dont quelques-uns vont bientôt rencontrer leurs lointains cousins du clan Neanderthal…

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