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Publié par collectif-litterature

Une chronique de Cassiopée

Infinitude ? Un roman inclassable et très agréable à lire. Il commence comme un récit où l’on vous présente ce qu’il faut pour être mieux, style développement personnel. Puis la tension monte et on se rapproche du roman psychologique un peu policier et ça se termine … chut… je ne dis rien.

Sur une île paradisiaque, en Méditerranée, un homme mûr, Adrian Hartman, un britannique, a installé Serendipity, un lieu où se ressourcer. Les hommes et les femmes qui viennent ici, acceptent les conditions. A savoir des cabines à deux pour dormir, assez spartiates et une vie plutôt communautaire même s’il est possible de s’isoler. Le but des séjours ? Se faire du bien, faire le point sur sa vie, se recentrer sur l’essentiel à travers des ateliers d’écriture, de yoga, de médiation, de sport etc. Il y a pas mal d’habitués, attirés par cet endroit « hors du temps » (où les portables passent mal) et fascinés par la personnalité charismatique du « patron ».

« J’enseigne aux gens comment être heureux, comment être plus heureux dans leur vie habituelle. »

Dans la première partie, l’auteur va s’attacher à présenter « le camp », les participants, les liens qu’ils établissent les uns avec les autres, ce qu’ils vivent. On ressent très parfaitement l’atmosphère, c’est décrit avec précision sans lourdeur dans les détails.

Puis, arrive l’année suivante, les participants sont installés, mais il manque Adrian. On se demande si son absence va influencer le fonctionnement, si ça peut tourner. Il semble tellement indispensable ! A partir de là, l’ambiance change totalement. Il y a des tensions avec les habitants du village voisin, les « vacanciers » dérangent et ne savent plus comment agir. Le dialogue est difficile, la suspicion s’installe, le stress augmente. Et où est Adrian, pourquoi n’arrive-t-il pas, quelles sont les raisons de son silence ? Le lecteur ressent fortement tout cela. Il se demande s’il y a vraiment danger ou si les membres de la communauté n’en rajoutent pas un peu en interprétant les faits…

Le point fort de ce recueil n’est pas vraiment l’histoire mais l’écriture. A ce propos, il est donc nécessaire de reconnaître que la traductrice a dû vraiment s’imprégner du texte pour trouver le vocabulaire adéquat sans fausse note. Les tournures de phrase sont élégantes, adaptées au contenu. Cela permet à la personne qui lit de s’imprégner au maximum de tout ce qui se déroule, d’avoir des émotions, des questions…. Les personnages sont issus de différents milieux mais ils ne sont pas pour autant caricaturaux. Le phrasé est tour à tour poétique, angoissant, descriptif…

Jessica Norrie souligne les amitiés et les amours qui restent en « surface » le temps d’un été et qu’on oublie vite. Elle rappelle que s’implanter dans un lieu ne veut pas dire se comporter en chef et ne pas respecter l’environnement et les habitants. Elle nous fait observer la vie en groupe, les points forts et les points faibles. Elle ne fait pas la morale, elle évoque tout ces choses avec doigté et intelligence.

C’est donc un recueil qui se démarque avec une histoire singulière mais plaisante à découvrir.

 

Traduit de l’anglais par Isabelle Rouault-Röhlich
Éditions : Independently published (20 juillet 2020)
ISBN : 979-8654755575
302 pages

Quatrième de couverture

Adrian Hartman est un Britannique empreint de charisme qui dirige Serendipity un camp de vacances à l’esprit communautaire installé au cœur d’une forêt de pins en Méditerranée. Les participants reviennent année après année, notamment pour y voir Adrian. Mais cette année, il n’est pas arrivé. Sans lui, tous errent comme des âmes en peine et l’hostilité des locaux du village le plus proche est à son comble.

 

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Jessica Norrie 28/10/2020 13:19

Ma traductrice Isabelle vient de me signaler ce lien et je tiens dans mon pauvre francais a vous remercier beaucoup pour cette bonne chronique. Cela fait six ans que j'ai ecrit ce roman et c'est un vrai plaisir de le voir renaitre dans les yeux des francais, un plaisir aussi de decouvrir ce blog. Merci encore.

collectif-litterature 28/10/2020 13:22

Votre français est excellent ! Merci de votre commentaire !