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Publié par collectif-litterature

Liv Maria, de Julia Kerninon

Une chronique de Cassiopée

Et dans ma clairière -  je vivrai seule.

Dans ce roman intimiste, Liv Maria est d’abord une fillette, puis une adolescente, une femme…. On l’accompagne sur plusieurs années et on comprend très vite qu’elle est insaisissable. Lorsque le destin ou la vie choisissent pour elle, elle essaie de mettre en place des stratégies pour continuer d’être libre, de décider, de choisir….

Elle est née en 1970, d’un père norvégien et d’une mère insulaire. Un couple surprenant, atypique, l’épouse parlait peu. Pourtant, Liv Maria a toujours senti ce qui liait ses parents. Elle a pris leur histoire, s’en est nourri. A son tour elle a voulu transmettre.

Mais le poids du passé est parfois lourd, l’âme jamais ne s’apaise….

Sous nos yeux, Liv Maria, au prénom soigneusement réfléchi, a vécu plusieurs vies. Était-elle en recherche d’un idéal, n’arrivant pas à se poser, ou cultivait-elle l’art de la fuite pour garder sa liberté ? Elle était capable de se taire pour échapper aux questions, aux routines, aux « codes » qui pouvaient la cantonner dans un rôle dont elle ne voulait pas….

C’est avec une écriture emplie de pudeur, limpide, lumineuse, pleine de douceur, que Julia Kerninon évoque son personnage. Elle démontre combien il est difficile de trouver sa place, de se détacher de ce qu’on a vécu pour avancer. Elle rappelle que la communication entre les êtres qui s’aiment n’est pas forcément limpide. Chacun a son jardin secret. Et les mots peuvent faire mal parfois. Même un message très clair peut être mal interprété.

« Pourtant, dans ce que nous taisons en croyant le dire, ce que nous disons en croyant le taire, nous sommes dans notre vérité, d’un coup. »

J’ai énormément apprécié cette lecture. J’ai aimé cette femme qui se rebelle sans en avoir l’air, qui choisit l’amour, qui refuse de se soumettre. Le phrasé de l’auteur donne une place particulière aux mots et cela influe un rythme comme si chaque phrase écrite ou prononcée était « actrice », faisant bouger les lignes de la vie. Il a plusieurs symboliques, sur la place des expressions, des livres, dans la destinée des uns et des autres, puis celle, plus difficile, des oiseaux que trouve Liv Maria. Quand on tient ce recueil entre nos mains, on sent son coeur qui bat, c’est elle qui est la « vie » ….. Je ne connaissais pas Julia Kerninon et j’ai été conquise par l’histoire qu’elle a écrite.

Éditions : L'Iconoclaste (19 août 2020)
290 pages

Quatrième de couverture

Son nom est Liv Maria Christensen.
Elle fut l’enfant solitaire, la jeune fille fiévreuse, l’amoureuse du professeur d’été, l’orpheline et l’héritière, l’aventurière aux poignets d’or. Maintenant la voici mère et madone, installée dans une vie d’épouse. Mais comment se tenir là, avec le souvenir de toutes ces vies d’avant ? Faut-il mentir pour rester libre ?

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