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Publié par collectif-litterature

Une chronique de Cassiopée

Une cuillère comme fil conducteur, il fallait oser…..et c’est une réussite !

Seren a dix-huit ans, nous sommes en 1985. Elle habite le Pays de Galles avec ses parents et ses demi-frères. Elle envisage des études d’art mais ne sait pas trop si cela lui conviendra. Son père décède brusquement et sur la table de chevet, un objet incongru attire son œil, une cuillère en argent. Elle ne fait pas partie de la vaisselle familiale, ni de celle utilisée dans l’hôtel géré par son Papa et sa Maman. Finalement, cet ustensile l’intrigue, l’obsède, au point qu’elle en fait des croquis et qu’elle se décide à remonter le fil de son histoire.

Comment une cuillère, fut elle en argent avec de belles initiales gravées et quelques dessins, peut-elle bouleverser une jeune fille à ce point ? Sans doute parce que l’adolescente avait besoin d’un coup de pouce pour se prendre en main, grandir et traverser la Manche….Ce couvert va être la raison d’être d’un voyage initiatique, un road movie qui restera à jamais dans l’esprit de Seren.

Tout au long de ce roman, écrit d’une belle plume, on la verra s’émanciper, oser de plus en plus, s’affranchir des conseils pour prendre ses décisions. Au volant de la vieille Volvo de son paternel, elle suit son chemin, trace sa route, se trompe, revient, repart au fil des rencontres. Tout est prétexte pour apprendre, découvrir, comprendre.

Dans les premiers chapitres, (c’est Seren qui raconte), elle hésite, fait souvent référence aux avis que lui auraient donné les uns ou les autres, à ce qu’ils auraient dit, pensé, puis ça s’estompe…elle devient elle-même. L’auteur nous rappelle, avec beaucoup d’humour, la difficulté des traductions littérales qui posent des problèmes de compréhension, les mœurs différentes d’un pays à l’autre…

« Le baiser français est plus gourmand que le baiser anglais et c’est romantique d’être embrassée avec la brume qui fond au soleil. ». Le côté « Candide » de Seren est évoqué avec intelligence, on sent

Ce récit est un régal, Dany Héricourt écrit en anglais ou en français. Je ne sais pas ce que ça donne dans la langue de Shakespeare, mais en français, c’est « goûteux ». Ella joue avec les mots, les clins d’œil à nos habitudes. Nos expressions sont chaque fois bien placés. Elle fait quelques digressions, comme une liste de « Bons mots à dire juste avant de mourir » ou d’autres choses tout aussi bien réfléchis, en lien avec le parcours de Seren ou l’histoire des cuillères. C’est amusant, toujours glissé au bon moment. L’écriture est fluide, limpide, le style est parfois désopilant. Lorsque Seren a des contacts avec la population, on sourit, on visualise des scènes drôles, et puis la gravité nous rattrape dans les dernières pages….

Dans ce recueil, Dany Héricourt aborde plusieurs thèmes, le deuil, les non-dits, le passage à l’âge adulte, l’art. Tout est évoqué avec doigté, délicatesse, et presque de la pudeur. On dirait que tout se dessine sous nos yeux, comme des esquisses, sans trop de détails, simplement ce qu’il faut pour cerner le sujet. Le phrasé a quelque chose de lumineux, de poétique. J’étais sous le charme. J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture qui se démarque par le sujet, le fond, la forme mais sans forcer le trait. Un auteur à suivre !

NB : Le préambule est à méditer !

 

Éditions : Liana Levi (27 Août 2020)
242 pages

Quatrième de couverture

L’objet brillant est sagement posé sur la table de nuit. Seren devrait prêter attention à son père, étendu sous le drap : sa mort vient de les surprendre tous, elle et ses frères, sa mère et ses grands-parents, mais c’est la cuillère en argent ciselée qui la retient : elle ne l’a jamais vue dans la vaisselle de l’hôtel que gère sa famille au Pays de Galles. À l’aube de ses dix-huit ans, la jeune fille pourrait sombrer, mais les circonstances aiguisent sa curiosité.

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