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Publié par collectif-litterature

Le signal, de Ron Carlson

Une chronique de Cassiopée.

Le voilà, le moment attendu et parallèlement tant redouté…

Parler d’un livre que j’ai aimé, savouré, m’imprégnant de chaque mot, de chaque phrase, vivant chaque instant à fond, avec les protagonistes…

Parler d’un livre que je voudrais vous faire aimer, tout en me disant : « Je serai trop déçue si les lecteurs disent « bof , qu’est ce qu’elle lui a trouvé »….

Parler d’un livre sans le résumer, sans le raconter, sans l’expliquer mais en donnant envie, en faisant comprendre combien il m’a touchée, enthousiasmée, émue…..

Alors, me direz-vous, qu’est ce qui fait la différence ?

Une écriture au cordeau, puissante.  
L’auteur est capable de décrire une partie de pêche bucolique (et même si vous ne vous êtes jamais intéressé à la pêche, vous trouvez cela merveilleux) avec des phrases « calmes », installant une atmosphère intime où vous vous « coulez » en silence, observant, ouvrant les yeux, attentif à chaque son, chaque bruissement, chaque rayon de lumière….

« L’air était vif à l’ombre de la montagne, et seuls les sommets les plus distants à l’ouest brillaient d’un éclat argenté dans le soleil. »

A contrario,  il peut également vous présenter une chasse à l’homme en faisant monter la tension, à tel point que vous sentez l’angoisse s’installer et vos muscles se crisper. Le rythme du phrasé est alors plus saccadé comme votre cœur qui bat de plus en plus  vite….

« Le chemin était trempé. Rapidement, il devint un ruisseau et ils couraient en pataugeant, tandis que le niveau montait et mordait la paroi. »

Alternant les moments crispants avec ceux où la pression retombe, l’auteur nous fait surtout vivre des instants magiques. On a l’impression que ce n’est pas rapide, que les événements se mettent en place tout doucement et pourtant, c’est tellement prenant qu’on reste scotché aux pages. Ce livre vous « habite » même lorsque vous le posez….

Des personnages attachants, vivant une histoire d’amour hors normes, où le quotidien n’est plus car il ne reste que le couple, la nature et les éléments. Vivant cette randonnée comme un dernier rendez-vous, un au revoir ou un adieu, ils vivent tout à fond. Entre les lignes, on sent leur cœur qui bat (à l’unisson ??), on entend le bruit de la rivière, du vent dans les arbres, du feu de bois qui crépite, des animaux qui se promènent….

Un décor (les montagnes du Wyoming) qui prend forme sous nos yeux, comme une peinture qui se construirait petit à petit. Les différents éléments prennent vie et on pénètre dans ce coin qui peut devenir autant le paradis que l’enfer….

Il y a peu d’actions, peu de protagonistes mais tout le contenu de ce roman prend une place énorme…. L’auteur a habilement mêlé des questions existentielles à sa double intrigue. Fait-on toujours les bons choix, et d’abord, qu’est ce qu’ un bon choix ? L’amour perdu peut-il revenir un jour ? Jusqu’où peut-on aller pour sauver ce qu’on aime ? Que reste-t-il d’un homme lorsqu’il n’a plus rien ? Après nous les avoir envoyées en pleine face, Ron Carlson répond  de façon magistrale à ces questions mais il arrive que les réponses soient dans les silences de ce texte…. à chacun de trouver comment les entendre …..

PS: bravo à la traductrice pour son travail !

Quatrième de couverture

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révélera bien plus périlleuse que prévu.

Le signal
Ron Carlson
 
Traduction :
Sophie Aslanides
Collection Totem
Editeur Gallmeister
240 pages

 

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