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Publié par collectif-litterature

Le cri, de Marc Falvo

Une chronique de Cassiopée.

Est-ce que c’est contagieux, la folie ?

La mise en abyme de la couverture (regardez bien de plus près de quoi sont faits les murs) colle parfaitement au récit que nous allons découvrir dans ce recueil. L’auteur joue sur plusieurs niveaux. Niveau d’histoire (les unes enchâssées dans les autres …), niveau de langage, niveau de mots, niveau de style (narration, journal intime, dialogues extraits d’une émission de télévision etc…), niveau de police de caractères, niveau d’émotion, de pulsation….

Dans les pages, les mots sont « présence ». Comme des êtres vivants, ils se faufilent, se glissent, se tortillent, crient, vibrent, se cachent, reviennent et vous percutent de plein fouet….

A la lecture, le mot « Symphonie » m’est venue à l’esprit. Alors, j’ai cherché la définition et j’ai trouvé :

Une symphonie est une composition instrumentale savante, de proportions généralement vastes, comprenant plusieurs mouvements joints ou disjoints. La symphonie ne cesse d’évoluer, enrichissant sa palette et modifiant sa syntaxe au point d’en faire éclater les structures.

Et bien, je trouve que les derniers mots : « enrichissant sa palette et modifiant sa syntaxe au point d’en faire éclater les structures », correspondent tout à fait au ressenti que l’on peut avoir devant ce texte.  Le contenu du roman, si on le regarde au premier degré, est déstructuré mais ceci est fait avec intelligence et doigté. Observé au second degré, le texte prend toute sa dimension, celle de la « tempête mentale » qui entraîne le lecteur dans d’autres couches de réalité, d’autres approches de l’homme et de sa folie.

Parce qu’il faut bien le dire, la folie est au centre de cet opus mais comme en philosophie, on s’interroge. Qu’est ce que la folie, comment se font et se défont les constructions mentales de l’homme ? Le fou est-il celui qui reste dans son propre monde affectant ainsi sa conscience du réel  ou ceux qui ne le comprennent pas parce qu’ils restent dans un agencement de pensée figé? Quel regard portent alors ceux qui sont autour de la personne que l’on qualifie de privée de raison ?

Avec un titre comme celui-ci, on pense forcément au tableau « Le cri » d’ Edvard Munch où le personnage décharné ouvre la bouche pour un cri en se bouchant les oreilles. Comme si le cri était intérieur. Pour Paul, notre « héros », c’est un peu la même chose, tout bout à l’intérieur, prêt à sortir, prêt à envahir son quotidien, à le noyer sous les mots écrits, hurlés, ou chuchotés….. La réalité est-elle celle qu’il nous décrit ou celle dont les  autres nous parlent?

L’auteur a pris des risques avec différents types d’écriture mais il a réussi son pari, sachant parfaitement adapter son style à ceux qui s’ expriment et aux conditions de création des textes.  Il a situé son intrigue dans un immeuble, en huis clos, ce qui n’a rien de facile et s’en sort, là aussi, très bien.

C’est un roman qui peut dérouter si on s’attache à la forme sans songer au fond. Il faut se laisser séduire et se laisser porter par la fantaisie, la poésie, accepter  l’ instabilité  qui offre un autre regard comme lorsqu’on regarde une œuvre d’art qu’on ne comprend pas au premier abord.

Moi qui aime que l’on joue avec les mots, qu’on les fasse vivre, j’ai été comblée avec cette lecture sortant de l’ordinaire….

 

Le cri
Auteur : Marc Falvo
Editions : Fleur Sauvage (Février 2015)
292 pages
ISBN :  979-1094428009

 

4ème de couverture:

Un nouvel appartement, loin des rats.  Mais sous l'apparente blancheur Des mots cachés, des récits, tel un cri Un appel au crime Scénariste et romancier, Marc Falvo nous plonge ici dans une ambiance que ne renierait certainement pas le cinéaste David Lynch. Thriller littéraire, récit atmosphérique, Le cri se révèle être une œuvre aussi étrange qu'envoûtante.

 

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