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Publié par collectif-litterature

Histoire d’un vol sans effraction, de Élizabeth Lapierre

Une chronique de Cassiopée.

La faute à qui?

Ce roman, inspiré d’une histoire vraie, nous rappelle, si besoin est, qu’il faut toujours être prudent lorsqu’on donne sans retenue.

Éléonore a été trahie par des gens à qui elle avait tout offert : ses clefs, sa confiance mais surtout son amour de façon inconditionnel.

Elle est, avec son époux, propriétaire d’un château de famille. Ils sont obligés pour l’emploi de ce dernier, de voyager beaucoup, de ce fait la surveillance de la propriété est confiée à la sœur de Madame dans un premier temps. Mais, alors que tout pourrait aller sans aucun problème, cette « surveillante» des lieux décède. Notre châtelaine désemparée va faire appel à un maçon polyvalent qui a déjà commencé des travaux dans le castel pour assurer « une présence ».

Là aussi, tout devrait bien se dérouler mais ….

Il est bien connu que la vie n’est pas un roman, loin de là…..

Clément, le bâtisseur, s’installe avec sa compagne Victoire. « Madame » se sent entourée, en sécurité, heureuse, donnant de son temps, de son argent, de sa vie à ces gens, si gentils, qui lui tiennent compagnie, l’aident et lui offrent de l’affection.

Car elle est là, la clef. Etre aimée, accompagnée, écoutée apportent du réconfort. Est-ce cela qui va « endormir » les réserves naturelles que devrait avoir Éléonore ? Même pas, je crois qu’elle ne se pose pas de questions tout simplement comme tout un chacun lorsqu’on est « bien ». Elle considère même Victoire comme la fille qu’elle n’a pas eue et son enfant comme sa petite-fille. Le couple « Clément-Victoire » fait illusion.

Le lente descendante vers l’impensable va se mettre en place. De fil en aiguille, Clément et Victoire vont montrer un autre visage, qu’Éléonore réfute dans un premier temps. Elle va découvrir des faits surprenants mais n’y croira pas vraiment tant le « jeu  des gardiens » est habile. Et puis elle a à cœur de « préserver l’harmonie », celle de son couple, son mari ne rentre pas souvent, et elle ne veut pas l’ennuyer avec ses soupçons et celle de sa vie quotidienne.

Elle finira par alerter la police et ira de déceptions en déceptions. Comme quoi le système n’est pas toujours à la hauteur, même s’il ne faut pas en faire une généralité.

C’est un livre qui « sent le vrai », l’expérience vécue. Peut-être Éléonore aurait-elle pu se questionner lorsqu’elle a appris que Clément avait des problèmes avec tous ses employés.

Mais je crois, qu’Élizabeth Lapierre démontre avec brio, que lorsqu’on est le « nez dans le guidon », on ne voit pas tout. De plus, son mari étant en déplacement, notre « héroïne » est dans l’obligation de tout gérer, seule et toute aide est la bienvenue.

Alors, la faute à qui ? A pas de chance ? A un manque de vigilance ? A l’amour (celui dont on a besoin mais aussi celui qu’on veut donner) ? Sans doute un peu de tout cela auquel il faut ajouter le hasard des rencontres qui ne sont pas toujours les bonnes…

Pour autant, la narratrice n’est pas aigrie, ni en colère, elle est plutôt désabusée face à la situation, déçue de l’enquête mais certainement plus « blessée » d’avoir donné sans attendre rien en retour mais en s’étant trompée.

Une écriture fluide au phrasé de qualité, une lecture agréable qui m’a beaucoup intéressée.

 

Histoire d’un vol sans effraction
Auteur : Élizabeth Lapierre
Éditions : Les 2 encres (Septembre 2014)
Collection : Encres nomades
Nombre de pages : 136
ISBN : 978-2351686782

 

Quatrième de couverture

Éléonore est une femme de cœur… et de passions ! Amoureuse de la vie, elle se partage sans compter entre son mari, sa famille et ses amis, entre ses obligations de femme du monde qui la font voyager, et son attachement à son domaine d’Ysembert. Un jour, Éléonore est victime d’un vol, sans effraction, qui devient le détonateur d’une histoire incroyable. Elle va se trouver confrontée au pire : la perte de toutes ses illusions, de toutes ses certitudes quant à la justice de son pays.

 

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